Le Hijab et les jeunes filles

Aujourd’hui, nous vivons dans un monde où l’apparence occupe une place énorme. Les réseaux sociaux nous poussent à nous montrer, à être vus, aimés, suivis et validés par les autres. Beaucoup de jeunes grandissent avec l’impression que leur valeur dépend de leur image, de leur popularité ou du regard que les autres portent sur eux.

Dans ce contexte, le hijab soulève de nombreuses questions. Est-ce simplement un vêtement ? Une tradition ? Une obligation religieuse ? Un choix personnel ? Une forme de liberté ou de contrainte ?

Avant de se faire une opinion, il est important de comprendre ce qu’est réellement le hijab, pourquoi il existe dans l’islam et quel sens lui donnent celles qui le portent. Au-delà des clichés, des polémiques et des débats médiatiques, le hijab touche à des questions profondes : la foi, l’identité, la pudeur, la liberté, la dignité et la manière dont chacun choisit de se présenter au monde.

 

Tu peux approfondir ici si tu souhaites en savoir plus ?

Le Hijab, entre religion, spiritualité, psychologie et société

Qu’est-ce que le hijab et est-il obligatoire ?

Pourquoi?

Quel impact?

La question sociale (quel rôle dans la société ?)

Pourquoi est-il devenu combattu?

Le Hijab aujourd’hui?

 

Introduction

Pour certains, le hijab constitue l’expression visible de la foi musulmane, de la pudeur et de l’attachement aux valeurs religieuses. Pour d’autres, il serait le symbole d’une oppression ou le vestige d’une époque révolue.

Certains le respectent et le défendent ; d’autres le critiquent, le méprisent ou le combattent. La femme voilée a souvent été l’objet de préjugés et d’hostilité. À différentes époques, le voile a été attaqué par les puissances coloniales qui y voyaient un obstacle à leur projet de transformation culturelle des sociétés musulmanes. Plus récemment, certains courants idéologiques, notamment parmi les défenseurs d’une liberté sans limites ou certaines mouvances féministes, l’ont également présenté comme incompatible avec l’émancipation de la femme.

Pourtant, il est intéressant de constater que le voile féminin n’est pas une spécificité de l’islam. Il constitue également une tradition religieuse ancienne présente dans le judaïsme et le christianisme, où la pudeur vestimentaire féminine a longtemps occupé une place importante.

Dans ce contexte, le débat autour du hijab est souvent marqué par les amalgames, les malentendus, les préjugés, l’ignorance ou les jugements hâtifs. Cette confusion permanente conduit parfois certaines femmes musulmanes elles-mêmes à douter du sens du hijab ou à oublier les raisons profondes pour lesquelles il est porté.

Or le hijab ne peut être réduit à un simple vêtement. Il s’inscrit dans une vision globale de l’être humain, de la spiritualité, de la pudeur, des relations entre les sexes et de la place du sacré dans la société. Il est l’expression visible d’une conception plus vaste de la foi et de la dignité humaine.

Pour comprendre le hijab, il est donc nécessaire de dépasser les slogans, les caricatures et les polémiques contemporaines afin de revenir à ses fondements religieux, à sa dimension spirituelle et aux objectifs qu’il poursuit dans la vision islamique de l’être humain.

I. Qu’est-ce que le hijab ?

Dans son sens courant, le hijab désigne le voile porté par la femme musulmane ainsi que l’ensemble des règles vestimentaires qui l’accompagnent.

Cependant, dans la perspective islamique, le hijab ne se limite pas à un morceau de tissu couvrant les cheveux.

Il désigne une attitude globale de pudeur.

Cette pudeur concerne :

la manière de s’habiller ;

la manière de parler ;

la manière de regarder ;

la manière d’interagir avec le sexe opposé ;

la manière de préserver son intimité.

Le hijab extérieur n’est donc que la manifestation visible d’un hijab intérieur.

Le Coran commence d’ailleurs par ordonner aux hommes de baisser le regard avant d’adresser une injonction similaire aux femmes.

Ainsi, la pudeur n’est pas une obligation féminine mais un principe commun aux deux sexes.

 

II. Le hijab est-il obligatoire ?

Le Coran

Le Coran contient plusieurs passages qui établissent clairement l’obligation du Hijab.

Sourate An-Nour, versets 30-31

 

« قُلْ لِلْمُؤْمِنِينَ يَغُضُّوا مِنْ أَبْصَارِهِمْ وَيَحْفَظُوا فُرُوجَهُمْ ذَٰلِكَ أَزْكَىٰ لَهُمْ إِنَّ اللَّهَ خَبِيرٌ بِمَا يَصْنَعُونَ »

 

“Dis aux croyants de baisser certains de leurs regards et de préserver leur chasteté. Cela leur est plus pur. Allah sait parfaitement ce qu’ils font.”

Sourate Nour Verset 30

 

« وَقُلْ لِلْمُؤْمِنَاتِ يَغْضُضْنَ مِنْ أَبْصَارِهِنَّ وَيَحْفَظْنَ فُرُوجَهُنَّ وَلَا يُبْدِينَ زِينَتَهُنَّ إِلَّا مَا ظَهَرَ مِنْهَا وَلْيَضْرِبْنَ بِخُمُرِهِنَّ عَلَىٰ جُيُوبِهِنَّ وَلَا يُبْدِينَ زِينَتَهُنَّ إِلَّا لِبُعُولَتِهِنَّ أَوْ آبَائِهِنَّ أَوْ آبَاءِ بُعُولَتِهِنَّ أَوْ أَبْنَائِهِنَّ أَوْ أَبْنَاءِ بُعُولَتِهِنَّ أَوْ إِخْوَانِهِنَّ أَوْ بَنِي إِخْوَانِهِنَّ أَوْ بَنِي أَخَوَاتِهِنَّ أَوْ نِسَائِهِنَّ أَوْ مَا مَلَكَتْ أَيْمَانُهُنَّ أَوِ التَّابِعِينَ غَيْرِ أُولِي الْإِرْبَةِ مِنَ الرِّجَالِ أَوِ الطِّفْلِ الَّذِينَ لَمْ يَظْهَرُوا عَلَىٰ عَوْرَاتِ النِّسَاءِ وَلَا يَضْرِبْنَ بِأَرْجُلِهِنَّ لِيُعْلَمَ مَا يُخْفِينَ مِنْ زِينَتِهِنَّ وَتُوبُوا إِلَى اللَّهِ جَمِيعًا أَيُّهَ الْمُؤْمِنُونَ لَعَلَّكُمْ تُفْلِحُونَ »

 

Et dis aux croyantes de baisser certains de leurs regards, de préserver leur chasteté, et de ne montrer de leurs beauté hormis ce qui en paraît et qu’elles rabattent leur voile sur leurs poitrines; et qu’elles ne montrent leurs beauté qu’à leurs maris, ou à leurs pères, ou aux pères de leurs maris, ou à leurs fils, ou aux fils de leurs maris, ou à leurs frères, ou aux fils de leurs frères, ou aux fils de leurs sœurs, ou aux femmes musulmanes, ou aux esclaves qu’elles possèdent, ou aux domestiques mâles impuissants, ou aux garçons impubères qui ignorent tout des parties cachées des femmes. Et qu’elles s’abstiennent de frapper avec leurs pieds pour révéler les bijoux qu’elles portent. Revenez tous vers Allah, ô croyants, et peut être réussirez vous à faire ce qui est juste.

Sourate Nour Verset 31

Le commandement est clair : il est demandé à la femme de préserver sa beauté du regard des hommes qui lui sont étrangers.

Cela inclut notamment ses cheveux, les formes de son corps, ses parures, son maquillage, son parfum et, de manière générale, tout ce qui participe à son embellissement et à son pouvoir de séduction.

Le hijab n’est donc rien d’autre que la mise en pratique de ce principe de pudeur : préserver et dissimuler sa beauté aux hommes étrangers, conformément aux enseignements de l’islam.

C’est pour cette raison que le hijab ne peut être réduit au simple fait de couvrir les cheveux. Son objectif étant de préserver la beauté et les attributs de séduction de la femme du regard des hommes étrangers, il doit être observé dans sa globalité.

Ainsi, porter un voile tout en portant des vêtements moulants qui mettent en valeur les formes du corps va à l’encontre de l’esprit du hijab. De même, porter un hijab tout en affichant un maquillage voyant, en utilisant un parfum attirqnt, en laissant apparaître une partie des cheveux ou en exhibant des bijoux et des parures visibles n’est pas conciliable.

Le hijab n’est donc pas seulement un vêtement, mais une démarche de pudeur cohérente qui concerne l’ensemble de la présentation de soi et qui vise à préserver du regard les attributs de beauté et de séduction dans l’espace public.

Sourate Al-Ahzab, verset 59

 

« يَا أَيُّهَا النَّبِيُّ قُلْ لِأَزْوَاجِكَ وَبَنَاتِكَ وَنِسَاءِ الْمُؤْمِنِينَ يُدْنِينَ عَلَيْهِنَّ مِنْ جَلَابِيبِهِنَّ ذَٰلِكَ أَدْنَىٰ أَنْ يُعْرَفْنَ فَلَا يُؤْذَيْنَ وَكَانَ اللَّهُ غَفُورًا رَحِيمًا »

 

“ô Prophète ! Dis à tes épouses, à tes filles, et aux femmes des croyants, de ramener sur elles leurs grands voiles : elles en seront plus vite reconnues et éviteront d’être offensées. Allah est Pardonneur et Miséricordieux.”

Sourate Al-Ahzâb, verset 59

Ici encore, l’ordre concerne l’ensemble des femmes croyantes.

Sourate Al-Ahzab, verset 53

 

« وَإِذَا سَأَلْتُمُوهُنَّ مَتَاعًا فَاسْأَلُوهُنَّ مِنْ وَرَاءِ حِجَابٍ ذَٰلِكُمْ أَطْهَرُ لِقُلُوبِكُمْ وَقُلُوبِهِنَّ »

 

« Et si vous leur demandez quelque objet, demandez-le leur derrière un voile : c’est plus pur pour vos coeurs et leurs coeurs. »

Sourate Al-Ahzâb, verset 53

Sourate An-Nour, verset 60

 

« وَالْقَوَاعِدُ مِنَ النِّسَاءِ اللَّاتِي لَا يَرْجُونَ نِكَاحًا فَلَيْسَ عَلَيْهِنَّ جُنَاحٌ أَنْ يَضَعْنَ ثِيَابَهُنَّ غَيْرَ مُتَبَرِّجَاتٍ بِزِينَةٍ وَأَنْ يَسْتَعْفِفْنَ خَيْرٌ لَهُنَّ وَاللَّهُ سَمِيعٌ عَلِيمٌ »

 

« Et quant aux femmes trop âgées pour le mariage, nul reproche à elles de déposer leurs vêtements, sans cependant trop exhiber leur beauté, mais si elles préfèrent tout de même être parfaitement voilées, cela est mieux pour elles. Allah est Audient et Omniscient. »

Sourate An-Nour, verset 60

Tout cela apparaît donc clairement à la lecture des textes. Il ne fait guère de doute que les cheveux, le corps, les formes et, de manière générale, les attributs de beauté de la femme font partie de cette parure qu’il lui est demandé de préserver du regard des hommes étrangers.

Le principe énoncé par le Coran est celui de la préservation de la beauté féminine et de la pudeur. Les cheveux, qui constituent naturellement l’un des attributs de beauté de la femme, sont donc inclus dans cette logique, au même titre que les formes du corps, les parures ou les autres éléments participant à son embellissement.

L’objectif recherché n’est pas de nier la beauté de la femme, mais de l’encadrer et de la réserver aux cadres légitimes définis par la religion, notamment la vie familiale et conjugale, tout en la préservant de l’exposition publique et des regards étrangers.

La tradition prophétique

Comme pour la prière, le jeûne ou le pèlerinage, le Coran énonce les principes généraux tandis que les enseignements du Prophète (P) en précisent les modalités d’application.

Il en va de même pour le hijab. Les enseignements prophétiques apportent des précisions concernant ses conditions, son esprit et sa mise en pratique. Ils évoquent également les récompenses qu’Allah (swt) a promises à celles qui Lui obéissent et préservent leur pudeur, ainsi que les conséquences religieuses, spirituelles et psychologiques auxquelles s’exposent celles qui délaissent ce commandement.

Comme pour l’ensemble des prescriptions religieuses, ces enseignements s’inscrivent dans une logique de responsabilité, de mérite et de recherche de la proximité d’Allah (swt).

 

III. Le sens spirituel du hijab

L’erreur la plus fréquente consiste à considérer le hijab comme une simple prescription vestimentaire.

Dans l’islam, aucun acte n’est purement extérieur.

La prière n’est pas seulement une série de mouvements.

Le jeûne n’est pas seulement l’abstention de nourriture.

Le hijab n’est pas seulement un vêtement.

Il représente une discipline spirituelle.

Il rappelle constamment à la croyante :

sa relation avec Dieu ;

son engagement religieux ;

sa volonté de vivre selon des principes supérieurs à ses désirs immédiats ;

l’importance de son corps et de sa beauté

Le hijab agit ainsi comme une forme de dhikr permanent, un rappel visible de la présence de Dieu dans la vie quotidienne.

 

IV. Le hijab et la psychologie humaine

L’islam part du principe que l’être humain possède :

des instincts ;

des désirs ;

des passions ;

des besoins spirituels.

La religion ne cherche pas à nier ces réalités mais à les ordonner.

Le hijab participe de cette discipline intérieure.

Il invite à ne pas faire de l’apparence physique le centre de l’identité.

Dans une perspective islamique, la valeur d’une femme ne réside ni dans son physique ni dans sa capacité à séduire, mais dans sa foi, son intelligence, son caractère et ses œuvres.

Le hijab rappelle donc que l’être humain vaut davantage que son apparence.

 

V. Le hijab et la protection de la dignité

L’islam considère que certaines réalités doivent être préservées :

l’intimité ;

la sexualité ;

la famille ;

le corps.

Le corps n’est pas vu comme quelque chose de honteux.

Il est vu comme quelque chose de précieux.

Or ce qui est précieux est généralement protégé.

Cette logique se retrouve dans de nombreuses dimensions de l’existence humaine :

nous protégeons nos biens ;

nous protégeons notre vie privée ;

nous protégeons nos secrets ;

nous protégeons nos sentiments.

Le hijab s’inscrit dans cette même logique de préservation.

 

VI. Le hijab et la société

Toutes les sociétés possèdent des normes de pudeur. Aucune civilisation n’a jamais considéré que l’exposition totale du corps devait devenir la norme générale dans l’espace public.

La question n’est donc pas de savoir s’il faut ou non des limites. La véritable question est de savoir où ces limites doivent être placées.

Toutes les sociétés, sans exception, définissent des frontières entre ce qui relève de l’intimité et ce qui peut être exposé publiquement. Même dans les sociétés occidentales contemporaines, les mêmes règles ne s’appliquent pas au corps de l’homme et à celui de la femme. Un homme torse nu dans la rue n’est généralement pas perçu de la même manière qu’une femme dans la même situation.

Cette différence ne découle pas nécessairement d’une injustice, mais du constat que le corps masculin et le corps féminin ne sont pas identiques. La femme entretient un rapport particulier à la beauté, à l’esthétique et à la séduction que l’histoire humaine tout entière a reconnu. Ce n’est ni une critique ni une dévalorisation de la femme ; c’est simplement une réalité liée à la nature même des sexes. Nier toute différence au nom d’un idéal abstrait d’égalité ne change pas cette réalité.

L’islam définit ainsi des limites précises concernant ce que l’homme et la femme peuvent montrer ou non dans l’espace public. Ces limites peuvent être plus ou moins strictes selon les cultures et les civilisations, mais le principe lui-même est universel : toutes les sociétés reconnaissent qu’il existe une distinction entre ce qui relève de la sphère intime et ce qui peut être exposé publiquement.

Pour prendre un exemple volontairement simple, très peu de personnes considéreraient comme sain ou souhaitable de vivre dans une société où chacun circulerait totalement nu dans la rue. Cela montre bien que l’être humain possède naturellement une conception de la pudeur et de la préservation du corps.

Cette pudeur fait partie des caractéristiques fondamentales de la civilisation humaine. Elle traduit une conscience de soi, du regard d’autrui, de l’intimité et du caractère particulier du corps humain. À l’inverse, l’effacement total de ces limites conduit à une banalisation du corps et parfois à une vision de l’être humain réduite à ses instincts, à ses désirs ou à sa seule dimension physique.

Dans la perspective islamique, le hijab s’inscrit précisément dans cette culture de la pudeur, de la retenue et de la préservation du sacré. Il participe à une vision des relations humaines qui cherche à limiter l’hypersexualisation de l’espace public et à rappeler que la valeur d’une personne ne doit pas être déterminée principalement par son apparence physique ou son pouvoir de séduction.

 

VII. Le hijab à l’époque moderne

C’est probablement ici que se situe le cœur du débat contemporain.

Nous vivons dans une civilisation marquée par :

les réseaux sociaux ;

la publicité ;

l’industrie de la beauté ;

la culture de l’image ;

l’économie de l’attention.

l’instrumentatlisation du corps et particuliérement du corps de la femme

Jamais dans l’histoire humaine l’apparence physique n’a occupé une place aussi importante.

Le succès social est souvent associé :

à la beauté ;

à la visibilité ;

à l’attractivité ;

à la capacité de capter l’attention, le regard, les compliments.

a être cool, tendance, à la mode

Les plateformes digitales récompensent précisément ces comportements.

Dans ce contexte, le hijab apparaît presque comme un acte de résistance culturelle.

Il affirme que la valeur d’une femme ne dépend pas du regard du public.

 

VIII. Le hijab comme sacrifice

L’un des aspects les moins compris du hijab est sa dimension de sacrifice et d’effort personnel.

Porter le hijab aujourd’hui ne consiste pas simplement à adopter une tenue vestimentaire particulière. Cela implique souvent de renoncer à certaines formes de validation sociale, de limiter volontairement l’exposition de sa beauté au regard d’autrui et d’assumer publiquement une identité religieuse qui peut parfois être incomprise ou critiquée.

Nous vivons dans une époque où la visibilité est devenue une valeur en soi. Les réseaux sociaux, la publicité, l’industrie de l’image et de la beauté valorisent constamment le fait d’être vu, admiré, désiré et reconnu. Dans un tel contexte, choisir de préserver sa beauté plutôt que de l’exposer nécessite une véritable force de caractère, de la conviction et une certaine indépendance vis-à-vis du regard des autres.

Pour beaucoup de femmes, le hijab représente ainsi un renoncement volontaire à une partie de cette validation extérieure. Il consiste à ne pas faire de son apparence physique la principale source de reconnaissance sociale et à privilégier le regard de Dieu au regard du public.

Dans de nombreux contextes, la femme voilée est également confrontée à des pressions particulières. Elle peut être jugée, caricaturée ou questionnée dans ses choix. Le hijab devient alors une forme d’engagement visible qui demande de la constance et de la détermination.

C’est précisément parce qu’il implique un effort et parfois une difficulté qu’il possède une valeur spirituelle particulière. Comme toute forme d’obéissance à Dieu qui va à l’encontre de certaines tendances de l’époque, il constitue un exercice de maîtrise de soi et de fidélité à ses convictions.

D’une certaine manière, on pourrait même soutenir que le hijab contient une dimension de réappropriation de la femme par elle-même. Là où la société contemporaine tend parfois à mesurer la valeur féminine à l’aune de l’apparence, de l’attractivité ou de la capacité à susciter l’attention, le hijab affirme que la dignité d’une femme ne se réduit ni à son corps ni au regard que les autres portent sur elle.

C’est pourquoi certaines femmes considèrent le hijab non comme une diminution de leur liberté, mais comme une manière de reprendre le contrôle de leur image et de refuser que leur valeur soit principalement déterminée par leur apparence physique. Dans cette perspective, le hijab apparaît moins comme une contrainte imposée à la femme que comme le refus de faire de son corps un objet constamment exposé, évalué ou consommé par le regard d’autrui.

 

IX. Les critiques contemporaines

La critique moderne affirme souvent que le hijab serait une forme de domination masculine.

Cette analyse repose cependant sur plusieurs préjugés.

Elle suppose notamment que :

toute différence entre hommes et femmes constitue une injustice ;

toute contrainte religieuse constitue une oppression ;

toute pudeur est incompatible avec la liberté.

Or ces affirmations sont fausses

Pour la croyante, le hijab n’est pas vécu comme une soumission à un homme mais comme une soumission volontaire à Dieu.

La question fondamentale devient alors celle de la foi et non celle du vêtement.

 

X. Le véritable enjeu du hijab

Le débat sur le hijab dépasse largement la question des cheveux ou du vêtement.

Il oppose deux visions du monde.

La première considère que l’être humain doit être libre de définir lui-même ses normes sans référence transcendante.

La seconde considère que Dieu connaît mieux l’être humain que lui-même et qu’Il lui a révélé des règles destinées à son bien.

Le débat sur le hijab est donc, au fond, un débat sur la place du sacré dans l’existence humaine.

 

Conclusion

Dans la perspective islamique classique, le hijab est une obligation religieuse fondée sur des textes explicites du Coran.

Mais il serait réducteur de n’y voir qu’un simple code vestimentaire.

Le hijab est à la fois :

un acte d’obéissance ;

un exercice de pudeur ;

une discipline spirituelle ;

un moyen de préservation de l’intimité ;

une affirmation identitaire ;

et, dans le contexte contemporain, une forme de résistance à la réduction de la femme à son apparence.

Comprendre le hijab exige donc de le replacer dans l’ensemble de la vision islamique de l’être humain, de la morale, de la spiritualité et de la société. C’est seulement à cette condition qu’il peut être compris avec sérieux, au-delà des caricatures, des passions idéologiques et à certains travers de notre époque.